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 I'm dancing like a Doll, in your arms...[Hisa']

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MessageSujet: I'm dancing like a Doll, in your arms...[Hisa']   Dim 8 Fév - 3:21

    Détestée et détestable. Deux mots qui lui collaient à la peau ces derniers temps. Elle n’était qu’une enveloppe charnelle. Elle vivait, elle respirait, elle marchait, mais pourtant son esprit paraissait complètement déconnecter de la réalité. Elle se sentait vide, pâle et affaiblie. Les heures de sommeil lui manquaient. Toujours derrière ses bouquins ou les doigts parcourant le clavier d’un ordinateur, Juni ne vivait plus qu’une vie de suffisance. Elle mangeait le minimum vital, dormait à peine pour que son corps la supporte encore et déambulait dans les couloirs de la faculté tel un automate, un véritable fantôme. Les cernes se dessinaient sous ses jolis yeux bridés vieillissant son visage et le rendant encore plus pâle. Mais rien n’importait. Et quand bien même, cette pâleur renforçait encore plus sa beauté presque irréelle. Avait-elle réellement un jour été humaine ? On lui avait tout volé dès sa naissance. Non, cette fille-là ne pouvait avoir de cœur ni d’âme. Elle n’était pas humaine, elle ne voulait pas être. Elle détestait trop l’être humain pour en faire partie. Mais alors que faisait-elle ici ? Qui était-elle ? 19 années de souffrance et d’errance. C’est ce qui la caractérise le mieux. Elle n’était qu’un vulgaire tas de chair qui tentait de survivre plutôt que de vivre. Sa vie aurait pu être coloré, mais le gris était le ton dominant à travers son regard sans aucune étincelle. Une faible lueur n’apparaissait que quand elle se mettait devant un ordinateur et commençait à hacker. Peut-être la seule chose qu’elle sache faire de bien dans ce monde. Ah non c’est vrai. C’était également une excellente étudiante. Allez savoir comment elle arrivait à emmagasiner tout ce qu’elle étudiait…Elle le faisait un point c’est tout et ne cherchait même plus à se comprendre elle-même. Etudier en première année de médecine…La médecine…Sauver des vies ? Pourtant elle haït tellement les Hommes…alors quel est son but à être ici ? Au fond elle ne le sait même pas. Elle est juste là et suit un chemin invisible qui peut-être ne la mènera nulle part mais qui pour l’instant lui permet de continuer à avancer, si lente soit-elle.

    Juste un regard perdu dans le vague. Un soupir échappé. Un visage fatigué. Un regard absent.
    Totalement déconnectée. Ailleurs. Loin d’ici. Loin de ce monde de servitude.


    - Kinoshita-san ! KINOSHITA-SAN !!

    L’intéressée cligna des yeux et avec une lenteur spectaculaire tourna la tête vers le professeur qui s’égosillait à côté d’elle remettant sa contemplation du ciel à plus tard. Ses yeux bleus aujourd’hui se posèrent sur le petit homme qui lui servait de prof’ à la faculté de médecine, et ne fit rien d’autre à part attendre qu’il lui dise ce qu’il avait à lui dire. Exaspéré par une telle attitude de total je m’en fouttisme, le professeur soupira en secouant la tête et se frappa le front du plat de sa main.

    - Mais que vais-je faire de vous à la fin ! Si le cours ne vous intéressent pas vous pouvez toujours sortir mademoiselle.

    L’air à demi réveillée, comme s’il lui parlait une toute autre langue qu’elle ne pouvait comprendre, la belle nippone resta de marbre telle une véritable statue grecque. Aucuns mouvements ne trahissaient sa présence bien qu’elle était bien visible aux yeux du cher professeur. Ce n’est que quand la sonnerie retentit tout à coup que la jeune femme se remit en mouvement, bien qu’ils soient toujours aussi lents. Abandonnant la partie, le professeur rassembla ses affaires et quitta lui aussi le laboratoire à la suite des élèves presque déjà tous dehors. Comme à son habitude, Juni fut la dernière à sortir. Son énorme casque sur les oreilles, elle mit en marche son iPod et se coupa encore une fois totalement de la réalité et des personnes l’entourant. Solitaire et à part des autres, elle marchait toujours seule dans les couloirs bondés de la faculté. Les autres, souvent tous en groupe, regardaient cet « alien » qui pour eux n’avait pas sa place ici et ferait mieux d’aller se faire interner. Folle ? Peut-être, elle ne pourrait expliquer le sentiment étrange qui l’habitait. Elle était juste vide, oui c’est ça, une coquille vide, sans aucune âme.

    Totalement imperméable aux autres, elle avançait sans se préoccuper d’eux s’éloignant de ces êtres qui ne représentaient rien pour elle. Vite, mais lentement, il fallait qu’elle retrouve son endroit fétiche, là où elle se sentirait au mieux, là où ses yeux pétilleront à nouveau et là où ses muscles ne refuseront plus de fonctionner à deux à l’heure. La salle d’informatique. Son échappatoire. Son lieu de pèlerinage préféré. Et à cette heure-ci, quel bonheur de savoir qu’il n’y aurait personne vu que tout le monde se ruait déjà à la cafétéria pour manger. Elle allait pouvoir être tranquille et s’adonnait à ses plaisirs les plus personnels. Ne pas être déranger, ne pas être entourer par les autres. Quel bonheur. Quelle extase.

    Atteignant enfin le lieu tant désiré. La belle nippone entra dans la pièce vide et sombre. Laissant la porte se refermait derrière elle, elle n’alluma pas la lumière et se retrouva dans la pénombre. Restant immobile devant l’entrée, elle prit le temps de laisser ses yeux s’habituer à cette obscurité puis avança tranquillement vers un des bureaux présents. Son doigt expérimenté alluma la tour du monstre puis elle s’installa dans un des fauteuils confortables et appuya ses mains sur le clavier. La bête ne prit pas longtemps à s’allumer, tandis que les doigts experts de Juni se mirent d’ores et déjà en mouvement. Un mouvement si fébrile, à l’image d’une danse voluptueuse et endiablée.

    Elle pensait être seule pour un bon moment. Elle croyait être tranquille. Elle présumait ne pas être dérangée…
    Et pourtant…c’était sans compter la présence de certaines personnes dans cette faculté…
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Hisahito Nobunaga
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MessageSujet: Re: I'm dancing like a Doll, in your arms...[Hisa']   Mar 10 Fév - 0:06

    -



    I am ruder.

    Une main vint couvrir des yeux encore épris de pénombre. Hisahito soupire. Il adressa un murmure réprobateur à celle qui venait de tirer sur le store ; fuyant le jour comme la peste, ses doigts étaient venus protéger ses prunelles bleutées. Comme frappé d’une soudaine fièvre, il attrapa son t-shirt fébrilement et recouvra ses stigmates avant qu’ils ne soient exposés à la vue profane de la femme dénudée qui se tenait devant lui. Celle-ci vint à nouveau emprisonner son cou de ses bras et fit basculer leurs corps contre les draps encore brûlants de leur récente relation. Elle essaye de le retenir, il le sait. Ses lèvres contre celles du jeune homme cherchent à le sceller en ce lieu, comme quelques minutes auparavant ou le désir ne l’aurait fait fuir pour rien au monde. La femme est au courant. Les rumeurs dans la salle des infirmières allaient bon train. Pourtant d’aucune ne pouvait résister à l’envie de venir se consumer contre la peau du jeune homme, papillons avides sur une flamme attirante. Elles servaient de jouets. Dociles poupées avec qui il dansait pour quelques heures avant de les laisser gisantes, marionnettes aux fils coupés que l’enfant ennuyé abandonne après en avoir épuisé le divertissement. Elles espéraient malgré tout. Instinct masochiste qui jamais ne les poussaient à le détester, sans doute étaient elles comblées… Car bon nombre s’accordaient une seconde valse entre les bras du jeune neurologue. Maladive envie, besoin d’amour qui ne se voit récompensé que par l’acte physique. Espérance qui survit à la dévoration charnelle mais que la débauche souvent pervertie.

    Il n’aimera pas…

    Seras-tu assez sotte pour y croire encore ? Ses mains savaient rendre unique et désirée puis ses mots venaient tout briser…

    Elle se fixe dans son regard azur, glacial... Les paroles qu’Hisahito avait prononcées venaient d’anéantir la douce illusion que son optimisme miroitait encore. Comme par le passé et pour d’autres qui arriveraient certainement, la fin du rêve commençait par l’incompréhension.

    -Bah alors t’es bouchée toi ou quoi ? Casses-toi.

    « Toi »… Première prise de conscience. Il a oublié son prénom… Lui qui le répétait comme une incantation lorsque le plaisir était à son summum… Sa libido avait dû parler pour lui… Où était l’homme coureur mais attentionné à qui elle s’était offerte ? Pouvait-on changer aussi vite ? Apparemment oui… Puis la deuxième réaction que toutes avaient… « Mais pourquoi ? ». Sa bouche veut faire taire cette injure mais cette fois une poigne puissante la repousse et ce que le jeune homme dégageait était dissuasif contre ses vaines tentatives pour reprendre possession de lui. Elle se redresse, assise sur ses genoux. Elle n’en revient toujours pas. Bientôt, l’anéantissement…

    Il se lève, ses mains remettent habilement sa ceinture, resserrent le bandeau sur son nez. Il ne l’avait même pas enlevé pendant l’acte… Sûrement pour les personnes spéciales pensa-elle. Ce constat la mis face à l’évidence, ses yeux n’étaient plus aveuglés par l’espoir d’une once d’affection que pourrait lui porter le marionnettiste qui l’avait manipulée en cette fin de matinée ensoleillée. Cette fois elle est sûre, l’idée d’être juste un passe temps, d’avoir la valeur d’une prostituée sans le coût, tout ce que son esprit avait refusé d’admettre jusque là… Maintenant elle connait sa triste réalité…

    Hisahito Nobunaga est un enfoiré.


    Le jeune homme à finit de se rhabiller, sa veste de médecin immaculée reflète la lumière naturelle. Il se dirige à nouveau vers la femme figée, attrape son menton et lui délivre un dernier baiser passionné. Elle veut mordre sa langue, le faire souffrir, écorcher ce beau visage qu’elle avait adulé.

    -Nobuko. Oublie pas de ranger la chambre avant de partir.

    Elle ne peut pas le haïr…

    La porte se referme, laissant la femme esseulée aux milieux des draps. Combien y’en avait-il eut avant elle ? Combien y’en aurait-il ? Il l’oubliera probablement. Elle, se souviendra de chaque mouvement, de son odeur, de la chambre d’hôpital aseptisée et déserte baignant dans le soleil ; étrangement lui préférait la quasi-obscurité. Elle se lève tout à coup, la vie continuait comme si de rien n’était… Non elle ne peut pas le haïr…


    ***



    Hisahito claque la porte de son casier en soupirant. Il avait troqué sa blouse de médecin pour une veste plus adaptée à la vie étudiante qui lui donnait de l’allure. Car si le jeune homme travaillait à l’hôpital, il n’était pas un docteur à proprement parlé. Seul son prestige et son rang dans la ligue lui permettait de voler les patients de son supérieur neurologue et de trainer dans les étages. Comme le terme « étudiant » indiquait, il était censé aller en cours. Mais comment maintenir un surdoué dans une salle de classe ? Les professeurs avaient renoncés à sa présence au fond de la salle. Cependant maintenant qu’il avait assouvit ses pulsions corporelles, Hisa’ s’ennuyait ferme. Pas de patient à s’occuper, de stagiaires à martyriser… Même Shinji était occupé ! Il n’eut donc d’autre choix que de se diriger résigné vers la fac…

    Bien sûr il n’avait aucune intention d’aller à ses cours. D’ailleurs il ne connaissait pas son emploi du temps. La cohue de la faculté lui manquait parfois alors il venait y faire un tour comme aujourd’hui. Il trouverait certainement plus d’occupations là bas plutôt qu’a entendre les gens se plaindre en salle d’attente. Il traversa le campus et prit la direction au hasard vers un bâtiment, a contre courant vers les étudiants qui se précipitaient pour absorber les rations écœurantes de la cafétéria, passant inaperçu dans la foule focalisée sur son estomac.

    Le jeune homme flâne au gré des couloirs tous aussi vides les uns que les autres à part quelques rares personnes en retard vers le repas salvateur. Hisa’ longe les murs, faisant courir ses doigts sur le crépi. Quelle porte choisir ? Son attention finit par se porter sur une porte rouge. « Salle informatique ». Parfait…

    Il pénétra l’endroit et sa pénombre l’assaillit aussitôt, une lumière bleue dans un coin de la pièce était la seule source de lumière. Sans y prêter gère attention, il s’installa sur le premier ordinateur venu. A moitié affalé sur sa chaise, il prit une dose de Placebo l’air distrait, se fiant au touché et à la faible lueur de l’écran pour compter les cachets. Le jeune homme pianota fiévreusement sur les touches, tentant de forcer l’accès à des informations peu recommandables… « Site non pédagogique, accès refusé. » Il pesta, donnant un coup rageur sur le clavier. Celui-ci protesta dans un bruit sourd puis le murmure cliquetant des touches continuait. Continuait… ? Il se releva, prenant conscience de sa bêtise. Il aurait dû vérifier qu’il n’y ait personne avant de prendre place. Il n’eut pas le temps de bouger que la lumière s’alluma. Hisahito met son bras en travers de ses yeux et soupire pour la seconde fois de la journée. Mais qu’est ce qu’elles avaient toutes à l’agresser avec la lumière ? Une fois accommodé aux néons, il toisa la jeune femme qui se dressait devant lui. Ces cheveux longs, ce joli visage et ces belles proportions… Il sourit. Ces cernes, cette peau blafarde et cet énorme casque autour du cou… Juni Kinoshita. La hackeuse que tout le monde s’arrachait en ce moment… Son expression s’étira en un air sadique. Non… C’était trop beau. Voila une occupation divertissante ! Les rumeurs affluaient au sujet de la demoiselle et sa descriptions se résumaient en quelques mots aux oreilles d’Hisahito : difficile à avoir donc encore plus réjouissante serait la confrontation. Après un instant à se regarder en chiens de faïence où chacun semblait analyser l’autre, il fut le premier à briser le silence.

    - Quoi de plus intéressant que d’observer une femme dans son environnement intime ? Je dois avouer que je croise peu d’adeptes des circuits électroniques et de l’internet… Mais l’excentricité et la nouveauté font l’excitation. Ne, la Geek ?

    Il s’assit sur le bureau en face d’elle et croisa les jambes, attendant sa réaction avec son air mauvais imprimé sur ses lèvres dont il n’arrivait à se défaire. Se retrouver en face d’Hisahito dans une pièce vide à l’heure du déjeuner était le fantasme de bon nombre de stagiaires. Ce n’était certainement pas celle de la jeune étudiante… Et c’est cela qui rendait le jeu plus amusant.

    - Bah alors tu dis rien ? T’as choppé un virus dans le système ou t’as pas le bon traducteur Google ?

    Laisser des blancs pendant une conversation avec le jeune neurologue c’était s’exposer à des risques qu’il continue son attaque sans ménagements… Mais peut être aujourd’hui il se verrait remettre à sa place avec délectation. Cette langue de vipère n’attendait que ça… Tirer autre chose des femmes qu’une simple distraction corporelle. Juni allait-elle être à la hauteur de ses attentes ?


    Baby fuck off.



    -

_________________


I watch you burn in humid hell
And you let my sin stream
From the incandescent paradise.

Don't touch me !
Don't touch my heart !
Don't show that face !

I don't want to die...
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MessageSujet: Re: I'm dancing like a Doll, in your arms...[Hisa']   Mar 10 Fév - 2:54

    « Tu n’es qu’un monstre ! Tu entends ! Un monstre !! C’est de ta faute s’ils sont morts, entièrement ta faute ! Tu ne mérites pas d’exister, tu ne mérites pas d’être aimer, tu ferais mieux de crever et de ne plus montrer ta sale face au monde. Vas-y rejoins les ! Vas-y n’hésite pas. La mort sera plus douce tu verras. Bien que je préfèrerais que tu continues à souffrir. Tu ne mérites que ça saleté ! Tu n’es qu’un rat. Crève…crève…Crève !!!! »

    Juni se réveilla en sursaut dans son lit, haletante. Encore une fois, ce même cauchemar, ces mêmes paroles horribles en attendre. Et ces perles salées qui roulent sur ses joues. Pourquoi tant de souffrance, pourquoi tant d’acharnement ? Et le visage tordu par la colère de sa tante réapparaît devant ses paupières à demi-ouvertes. Son cœur s’emballe, manque un battement, déraille, souffre et la tiraille. Souffrir…un lot quotidien…mais toujours cette question lancinante : Pourquoi ?
« Au début, on croit mourir à chaque blessure.
On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl.
Et puis on s'habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix. »


*Et si la survie devenait insupportable ? Et s'il était préférable de se faire du mal et de faire du mal aux autres pour se satisfaire enfin ? Mais si ces autres là n'étaient pas prêt accepter ? S'ils n'étaient pas prêt à se laisser tomber dans la déchéance, à perdre tout espoir de s'en sortir, de réaliser enfin leurs rêves...si tout cela arrivait.
Que faire ?
Certes la vie est une pute qui nous baise tous, certes il faut être fou pour oser penser pouvoir y arriver. Mais est-ce si inhumain que ça de pouvoir penser avoir un espoir ? Si mince soit-il...Si futile soit-il ?
J'ai le mal de vivre mais j'ai beaucoup plus mal de te voir ainsi. Ces mots que tu emploies me font si mal...Car au fond de moi je sais que c'est faux, je ne veux pas y croire. Je suis peut-être trop aveugle, trop naïve, mais je refuse d'y croire. Je refuse de croire en ce monstre que tu décris. Non je ne suis pas un monstre ! C’est faux ! Tu mens…Tu ne cherches qu’à noyer ta peine en essayant de me faire du mal à moi. Mais je n’ai rien fait, je suis innocente…Je n’étais qu’une gamine, je ne comprenais pas tout cet acharnement. Et tu continuais à enfoncer tes lames en moi, tu continuais de me torturer moralement…Tu n’avais pas le droit de me voler mon innocence…Tu étais la seule famille qui me restait…Je t’aime et je te hais à la fois. Je veux ton bonheur mais je veux aussi que tu souffres, comme tu m’as fait souffrir à moi…Je te déteste à en mourir…*
    Toujours la même rengaine, toujours le même tourment, le même sentiment de perdition. Réussira-t-elle un jour à y échapper ? Arrivera-t-elle enfin à se débarrasser de ce passé qui la ronge tant ? Rien n’est sûr, l’avenir est beaucoup trop sombre, son lendemain est trop frêle…
    Pauvre pantin de bois qui croit encore à marraine la fée. Ouvre les yeux, le Paradis n’existe pas. Tout n’est que mensonge, superficialité et faux semblant. Rien n’ira jamais bien, tout ira toujours mal, ainsi va la vie et ainsi soit-il.

    Il ne reste plus qu’à noyer sa peine, se confondre avec les ténèbres pour prétendre encore survivre. On dit que la vie est un rêve mais la mort est la vie. Apparemment c’est ainsi que ça marche, apparemment c’est ce qu’elle doit apprendre à accepter. Il n’y a pas d’espoir dans cette vie, il n’y a que des rêves qui s’enfuient. Des rêves trop périssables, qui ne servent à rien. Le monde est trop pourri, les gens sont trop corrompus. Ouvre les yeux…rien n’ira jamais bien…Trouver un échappatoire pour continuer à respirer le nécessaire…Il n’y a que ça de vrai, il n’y a que ça à faire de toute manière…

    Pas de noir, pas de blanc, que du gris…Sa vie est morose et sans intérêt. Elle cherche quelque chose qu’elle ne trouve pas et ne trouvera sûrement jamais, elle espère trouver un avenir meilleur mais se perd dans l’obscurité de ses propres méandres. Elle ne dort presque plus la nuit, au fond elle a peur, peur de se retrouver avec elle-même, avec ses démons, avec ces images qui l’effraient tant. Alors, perdue devant son écran d’ordinateur, elle erre, telle une poupée de porcelaine brisée en milles morceaux, tel un amas de chair mais vide à l’intérieur. Alors elle devient fébrile au simple toucher d’un clavier, ses yeux clignotent et son cerveau rentre tout de suite en action. Ses doigts frôlent les touches, les survolent, osent à peine s’y poser. Rien ne sert d’insister, rien ne sert d’y aller fort, tout vient tout seul. Elle vole…

    Parce que là, où il y a de l'espoir, se trouve le désespoir…



    ***



    Une fois le processus enclenchait on ne peut l’arrêter. Ses doigts parcourent toutes les lettres dans un éclair de vitesse. Elle la sent, ça y est. La voilà enfin. Celle qu’elle affectionne tant depuis des années maintenant. Celle qui fait naître ce malin petit sourire aux coins de ses lèvres. Celle qui allume une faible lueur dans ses ternes prunelles. Oh oui la voilà enfin…Cette jouissance…Ce plaisir…L’adrénaline….
    Avez-vous déjà ressenti ce désir naître au creux de votre ventre ? Si fort, si puissant que tout votre corps tremble rien qu’à l’idée de le savourer, de le satisfaire ? N’est-il pas bon de le sentir poindre ainsi en vous ? Pour certains cette convoitise, cet appétit, cette addiction se traduit par toutes les substances illicites, pour d’autres c’est le sexe, certains encore l’argent, le pouvoir, la possession, pour Juni, elle, c’est bien plus simple que cela, et cela ne tient qu’en un mot, long mais sommaire à la fois : ordinateur. Sa drogue à elle, sa dose de stupéfiant, l’alimentation même de son cerveau. Un besoin si matériel, si insignifiant. Elle est dingue, oui elle est folle, mais elle est libre et elle se ravit.

    Dans son petit monde, rien ne peut l’atteindre, elle est chez elle, à l’abri, dans son cocon, protégée de tout. Aucun virus ne peut intégrer son système car son pare-feu est fait de béton armé. Elle n’entrevoit le bonheur qu’ici, qu’à ces moments précis. Et ce sourire qui étire ses lèvres…il fait peur à voir, carnassier, sauvage, proche de la férocité. Mais il est si doux à son cœur. Sa vélocité est impressionnante, à peine voit-on ses doigts dansaient sur le clavier. Il est difficile de s’adapter à son rythme effréné. Tant mieux, elle ne veut pas qu’on la rejoigne.

    Un faible bruit parvint à ses oreilles. Une porte qui s’ouvre, puis qui se ferme. Un bruit de froissement, des pas qui résonnent dans l’habitacle pourtant désert. Bientôt les battements de son cœur qui s’accélèrent imperceptiblement. Fichu imbécile calme toi ! Pas besoin de s’emballer comme ça. Elle secoue la tête, essaye de garder un rythme respiratoire normal. Ses yeux s’écarquillent dans la pénombre et aperçoivent une forme sombre s’avancer vers l’endroit où elle se trouve. L’ombre s’arrête non loin d’elle, semble se rétrécir puis des petits bruits indistincts se font entendre. La demoiselle retient sa respiration…enfin le bruit des touches rassurant l’apaise quelque peu. Sûrement un autre élève venu troublé son intimité mais pas là pour venir l’emmerder…Que c’est doux d’y croire…Mais le bruit s’arrête, des petits grognements se font entendre, ils n’ont pas l’air satisfait. Sa gorge se noue puis n’y pouvant plus, d’une main fébrile, elle cherche à tâtons dans le noir l’interrupteur qui pourra allumer la puissante lampe au-dessus de son bureau.

    Elle le trouve enfin, appuie sur le bouton, et là…Là la lumière fut ! Non elle n’était pas Dieu, juste victime de la technologie comme tout être humain qui se respecte. Ses pensées l’exaspèrent. Ne pas oublier le sujet principal. Qui a osé rentrer dans cette salle et profaner son moment privé ? Des cheveux blonds, un regard perçant, un bandeau autour du nez ( ? ), un sourire a faire frémir le plus robuste des hommes…Non ce n’était pas possible… Nobunaga Hisahito…un membre de la Ligue, cette fichue Ligue. Et pas le plus compréhensif de tous, non le plus vil et malhonnête…C’était bien sa veine. Le calme parfait était résolu. C’était fini, mort, enterré.


    - Quoi de plus intéressant que d’observer une femme dans son environnement intime ? Je dois avouer que je croise peu d’adeptes des circuits électroniques et de l’internet… Mais l’excentricité et la nouveauté font l’excitation. Ne, la Geek ?

    Sourcils froncés, la belle nippo-coréenne observait cet être impétueux sans bouger d’un millimètre. Non pas qu’elle essayait de le pénétrer de son regard de braise, même si elle l’avait voulu elle n’aurait pas réussi à transpercer cette carapace d’animosité qui provoquait en elle tout le dégoût possible et inimaginable mais elle faisait attention aux moindres de ses gestes qui auraient pu signifier un danger pour elle. Quoique…cet homme de la tête au pied était une véritable menace pour elle et la sonnette d’alarme était en train de rugir dans sa tête. Respirant calmement mais très faiblement, elle restait là telle une statue de marbre et la suite de ses invectives ne tardèrent pas.

    - Bah alors tu dis rien ? T’as choppé un virus dans le système ou t’as pas le bon traducteur Google ?

    Un pauvre sourire moqueur vint étirer machinalement les lèvres de Juni. Elle jouait avec le feu, sa lucidité en était consciente et voilà pourquoi elle devait faire un gros effort sur elle-même pour ne pas trembler de la tête au pied, mais son inconscient la poussait à la provocation. Même si elle était de nature craintive n’aimant pas côtoyer les autres humains et à plus forte raison les hommes, même malgré ça elle n’avait pas non plus pour habitude de laisser quelqu’un empiéter sur son territoire et troubler son calme comme il venait de le faire. Alors dans un sourire tout aussi arrogant que le sien et dans un ton acerbe elle lui laissa enfin l’honneur et le plaisir d’entendre sa voix fracassante mais pourtant si chaude et sensuelle.

    « Quel être pathétique…lâcha-t-elle…Obligé de s’abaisser en insulte…Devrais-je te retourner la question ? Bloquer sur de simples petits pare-feux…Apitoyant… »

    En quelques simples clics, la jolie Coréenne referma toutes ses pages et éteignit l’ordinateur. Pas question qu’il puisse voir ne serait-ce qu’un petit bout de son génie. Elle ne savait que trop bien ce que rechercher la Ligue. Et ça, son savoir, son intelligence, son habilité, ses capacités…non ça elle n’était pas prête à le leur offrir si facilement, si aisément. Elle ne voyait pas intérêt à les aider, elle était indépendante et n’avait besoin de personnes. Ils étaient insignifiants à ses yeux et elle se moquait bien de leurs préoccupations. Attrapant son sac, elle se leva d’un geste envoyant la chaise valser non loin du jeune Japonais et commença à traverser la pièce le cœur battant à tout rompre…
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