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 xXx Insomnia xXx [Hisa']

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Shinji Wakamura
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MessageSujet: xXx Insomnia xXx [Hisa']   Sam 6 Déc - 18:21

4h30 …
Troisième comprimé déjà …
Rien à faire contre cette foutue effervescence neuronale . Aucun remède n’existait concernant ces insomnies chroniques si se n’est le gavage aux cachetons en attendant que la migraine passe , la clope au bec , un bouquin à la main . Shin’ avait fini par s’habituer à cette situation incommode faute de pouvoir y remédier , il était même étonnant de constater que son corps semblait réclamer ce manque hebdomadaire de sommeil … A moins que les comprimés ne fusses la cause physiologique de ses troubles du sommeil ?

Qu’importe , le troupeau lambda se complaisait dans l’idée qu’un mal psychique entraînait souvent un malaise d’ordre physique et jusqu’à présent , c’est sous cette pâle excuse que Shin’ s’était
copieusement servi dans la pharmacie de la faculté sans vergogne ni état d’âme ; et ce pour combler un manque qui ne faisait , semblait-il, que s’accroître de jour en jour malgré son auto-médication … Telle mère , tel fils , Shinji avouons le était quelque peu dépendant de ces somnifères et aspirine. C’était symptomatique , si il n’en avalait pas au moins un dans la soirée , il ne pouvait dormir … ou plutôt ne voulait dormir . Une habitude , un automatisme , un comportement somme toute psychosomatique .


Drogué ?
Où commencer la maladie , où s’achevait-elle ? Dépendance . Certes . Nocive ? Moins que miss nicotine . Hisa’ se plaisait d’ailleurs à taquiner Shinji vis-à-vis de sa libido quasi-inexistante , prétextant que ses heures d’éveil pouvait lui être utiles à bien d’autres activités que l’étude …

A cette pensée Shin’ soupira …
Et dire que ce cher blondinet n’avait pas besoin de se creuser le citron pour en sortir matière à réflexion … Remarquez , Shinji non plus n’avait plus besoin d’avaler des kilomètres de kanji pour obtenir un sujet de réflexion ; mais les livres restaient son support intellectuel principal , ils étaient fiables et agréables … Oh bien évidemment , les courbes d’une demoiselles devaient avoir certain attraits … Mais certainement moindre . A vrai dire , Shin’ n’avait toucher aux demoiselles qu’en aveugle ! Préférant passer ses nuits parmi les effluves d’encre et de nicotine en compagnie d’un café plutôt que de respirer l’odeur suave des chaires trop âcres de cadavres en devenir au masque angeoleur …

Certain aurait envier la position de son ami … mais pas lui .Les bruits de couloirs , il les laissés à Hisa' et Kurahashi tout comme la vermine en jupes ! Le succès auprès de la gente féminine ne lui était utile que lorsque celle-ci portait haut et fier les idéaux de la ligue marqué au fer rouge sur le front … ou un bol de ramen et un soda ultra-caféine !
En parlant de caféine …. Peut-être Shinji devrait-il il y renoncé si jamais un jour , l’envie de faire une nuit complète lui prenait .

Rester au lit ? Flemmarder devant la télé ? Non … ce qu’il fallait à Shinji après cette nuit blanche c’était …


*GROUHAHAHA …. GlouGlou.*

A manger …


Si le jeune homme était plutôt économe en parole lorsqu'il s'agissait d'étudier ... Son estomac , à l'approche de l‘aube, lui , se voyait pourvu d'un vocabulaire des plus éloquent et au combien bruyant . C'était peut-être difficile à admettre , mais son appétit était le seul obstacle qui s'opposait férocement entre Morphée... et Shinji . Quoi de plus déstabilisant que d'être son propre parasite ?

Mais sans vivres ... pas de neurones , et sans neurones , pas de thérapies !

Shinji ne se serait privé pour rien au monde d’un bon déjeuner et de nouveaux « sujets » …. Examiner, disséquer & remuer étaient ses passe-temps favoris, l’étudiant ne mettait jamais plus de cœur au noble ouvrage de psychiatre qu’en bonnimenteries visant à déstabiliser et convertir de nouvelles recrues au profit de la Ligue !



Shin' jeta un oeil à la pendule suspendue au dessus de sa tête .

5h26 ...

Il était temps de se rendre , de toute façon il ne dormirait certainement pas cette nuit , son réveil allait sonner dans moins d‘une heure , autant quitter les draps , et puis , miss famine ne déposait jamais les armes avant d'avoir obtenu satisfaction .

******


Il était 6h30 lorsque Shin’ quitta la cafétéria de la faculté .

Plutôt crever que d’avaler un gramme supplémentaire des infectes plateaux repas aspetisés du réfectoire , qu’aurait-il donner pour un bon sandwich saturé de ketchup et de viande ? Certainement trop ...
Depuis l’accident son régime était plutôt restreint , il fallait dire que sans rate , s’alimenter devenait un marathon , heureusement pour lui , si la nourriture de l’hôpital était loin du menu gastronomique du Ritz, elle avait au moins l’avantage de sied à son mode d’alimentation : Rapide . Et pour cause , elle était tant infecte que terminer son repas à la quatrième vitesse était e qu’il y avait encore de mieux à faire . Et diététique . Enfin ça , c’est-ce que la direction se plaisait à dire voire … croire .

Une fois son déjeuner englouti donc , Shin’ se rendait toujours au service psychiatrie , l’un des rares à être constamment fermé à clé . Et pour cause , les patients étaient plutôt agités ces temps-ci … Mieux valait ne pas prendre le risque d’en laisser un se faire la malle . Curieusement , le jeune homme se sentait à l’aise parmi les fous et les névrosés … A croire qu’il ne pouvait si facilement se séparer de sa mère qu’il l’avait souhaité en coupant définitivement les pots avec celle-ci !


Shin’ soupira . Cette vieille tarée lui collait aux basques comme son insomnie , comme un chewing-gum à une semelle …


Une fois le département principal traversé , Shin’ devait se rendre aux ascenseurs , dépasser le premier étage , territoire dangereux pour tout jupons qui y poser les pieds lorsque ce cher Hisahito était d’humeur badine , parcourir ce même étage et emprunter au fond du bâtiment , l’escalier de service qui lui permettait de descendre en psychiatrie sans croiser ces foutus médecins et passer faire le plein de comprimé à la grande pharmacie par la même occasion …

Shinji se massa nerveusement les tempes, une migraine d'enfer lui taillait le cerveau en quatre , et dire qu‘à cette heure-ci Hisa‘ devait être en train de dormir comme un bien heureux …



Le jeune homme sorti de l’ascenseur et se dirigea d’un pas faussement fatigué vers son "placard" pharmaceutique géant , à cours d'aspirine , de comprimés et de somnifères il lui fallait renouveler son stock .

Personne à l’horizon . Dieu soit loué , il n’aurait pas à justifier ses "emprunts" cette fois-ci !
Shin’ fit le tour du comptoir et s’engouffra parmi les rangées de boîtes de sirop et autres pilules aux noms extravagants . Que faisait le pharmacien ? En pause peut-être , à moins que Shinji ne soit passer par là lors de la relève ? Quoiqu’il en soit , une fois sa réserve de comprimés renouvelée , le jeune homme se faufila entre les étagères et s’extirpa de la pharmacie discrètement …


Enfin , discrètement … jusqu’à ce que , arrivé au niveau du comptoir , stylo en main et registre sous le nez , un étrange petit sifflement ne vienne troubler ses petites magouilles .


_________________


Dernière édition par Shinji Wakamura le Dim 4 Jan - 20:03, édité 1 fois
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Hisahito Nobunaga
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MessageSujet: Re: xXx Insomnia xXx [Hisa']   Jeu 18 Déc - 23:07

-




Insomnie.
Nom féminin.
Trouble du sommeil et de l’endormissement chez un sujet.
Elle peut avoir plusieurs facteurs.

Insomniaque.
Nom masculin.
Personne souffrant d’insomnie.




Hisahito n’était pas insomniaque. Contrairement à ce que l’opinion publique pensait au vues de son comportement, il ne faisait que rarement son quota de repos. Personnage nocturne, sa vie était partagée entre la médecine et les plaisirs qui lui étaient chers. Inutile de préciser que dés que le soleil tombait à l’horizon et que le commun des mortels trouvait le chemin des draps pour un sommeil réparateur, le jeune homme lui, continuait sa journée, et toujours accompagné... Pour finir par dormir au petit matin, exténué, alors que les gens normaux eux se lèvent. Enfin ça, c’était aussi ce que disaient les ragots de couloirs… Car lorsqu’il s’agissait vraiment de dormir, il le faisait toujours en solitaire… La plupart des gens sont contents de s’évader dans leurs rêves après une dure journée. Ce n’était pas son cas. Images tourmentées d’un passé révolu, sommeil agité par des mouvements brusques et mots libérés des entraves protectrices du conscient. Voila à quoi ressemblaient les nuits de sommeil d’Hisahito…


Il s’était donc réveillé haletant, le drap lui collait au corps et une douleur lancinante transperçait son dos… Encore… Bien entendu ce n’était pas les vieilles cicatrices : les marques légèrement estompées n’étaient plus que traces indolores. Non, c’était beaucoup plus complexe que cela… Le jeune homme souffrait de ce que l’on appelait communément un trouble ou stress post-traumatique. Hisa’ essayait d’oublier le passé mais son esprit se faisait un malin plaisir de tout lui ressasser dés que ses paupières étaient fermées, lorsque le voile de la nuit couvrait ses pensées. Ses doigts se crispèrent sur son omoplate et il essaya de calmer son cœur emballé. C’était comme si les blessures étaient fraîches. Mais elles ne l’étaient pas, ce n’était qu’un tour de son cerveau qui criait à la révolte. L’esprit est faible et fragile. Malgré son génie, il n’échappait pas à cette règle. Il chercha la lampe à tâtons ; Celle-ci était tombée de la table de nuit. Probablement un mouvement violent du jeune homme. Il la ramassa et alluma la lumière en balayant la pièce du regard. Sa chambre était plutôt spacieuse. Des guitares et des basses s’entassaient dans un coin, ici et là il y avait des CDs, des dossiers de patients, des revues peu recommandables… Une porte entrouverte donnait sur un dressing impressionnant tandis qu’une autre donnait sur une salle de bain. Il s’extirpa des couvertures avec peine, elles aussi en bataille. Chancelant il se dirigea vers la salle d’eau. Les mains agrippées sur le lavabo, il fut prit de nausées. Dans un sourire crispé, il se fit face dans le miroir. Il était pâle et les douleurs de son estomac ne demandaient qu’à sortir… Hisahito n’était pas malade. A vrai dire il connaissait parfaitement les raisons de son état pitoyable…


L’avantage à être médecin, de surcroit surdoué, c’est qu’on peut se diagnostiquer et faire ses ordonnances seul. Enfin « peut »… S’octroyer ce droit équivaudrait à tendre les bras vers son licenciement certain. Pourtant le jeune homme se l’était permit… Il ouvrit la pharmacie à la volée, fouillant avec vivacité dans des tubes cylindriques aux gélules multicolores et les boites débordantes de plaquettes toutes aussi colorées. Quand il eut trouvé le bien convoité, il fit sauter le couvercle mais ses mains tremblantes firent échapper dans le conduit d’évacuation l’unique pilule salvatrice. De rage le jeune homme balaya d’un coup l’étagère, répandant son contenu sur le sol dans un grand fracas. Il grimaça de douleur puis soupira. Il fallait qu’il renouvèle son stock… Lorsque l’on souffre d’un trouble post traumatique plutôt grave, il peut arriver que l’on se fasse prescrire un médicament assez dangereux nommé « Placebo ». Mais cela reste très rare. Vomissements, nausées, hallucinations, crises d’hystérie, crampes, pertes gustatives, auditives et visuelles… L’effet nocif : l’effet « Nocebo »… C’étaient les risques qui attendaient toute personne qui prenait de ce médicament. Du moins en excès. Car il créait une addiction grave. Le plus souvent on envoi les gens consulter un psychanalyste ou un psychologue. Mais Hisa’ ne pouvait pas se permettre de raconter de telles choses… Surtout pas à Shinji ! Et puis son orgueil ne l’aurait pas permit. Alors le dernier recours que le jeune homme avait trouvé pour essayer d’entraver ses réminiscences douloureuses était dans l’illégalité. Autrement dit le neurologue en devenir de par sa condition, se procurait du Placebo… Et même en grande quantité. Oui Hisahito était esclave de cette drogue médicale…


Le contact de l’eau brûlante sur ses stigmates le fit tressaillir. Il ne lui restait plus qu’a se préparer pour l’hôpital malgré l’heure inhumaine. Sa toilette finie, il se sentait un peu plus revigoré et le mal de crâne et de ventre avait disparut. Mais pas le manque… Il sécha doucement ses cheveux en frottant avec une serviette, il avait reprit des couleurs. Le jeune homme s’observa, il avait encore un peu maigrit, cela se voyait malgré les muscles qui dessinaient finement son torse. Il soupira en ouvrant l’armoire. Hisa’ en sortit une chemise noire et un pantalon de costard de même couleur. Il souligna ses yeux d’un trait sombre et mit son éternel bandeau blanc sur son nez. Sans prendre la peine de déjeuner, il attrapa ses clés de voiture et son manteau à la volée et sortit en claquant la porte.


Il n’y avait presque personne sur la route et Hisahito eut tôt fait de s’engouffrer avec sa Chevrolet 67’ – une de ses fiertés - dans le parking souterrain de l’hôpital. Le jeune homme claqua la portière et se dirigea vers l’entrée de service d’un pas décidé. Il ouvrit la porte de son casier, mit sa veste banche et épingla son badge. Lorsqu’il pénétra le bâtiment principal, il savait qu’il lui serait difficile de passer inaperçu… Il réussit à esquiver de justesse la plantureuse réceptionniste, il passât en coup de vent dans le couloir des urgences. Il arriva dans le département principal, longeant les murs. Puis il atteignit enfin son fief : l’étage réservé à la neurologie. Furtif, Hisa’ évita la salle de garde d’où s’élevait des échos de voix indignées. Il soupira. Les gens de garde de nuit étaient toujours bruyant de bon matin, attendant la relève. Le jeune homme allait entamer la dernière ligne droite lorsqu’il aperçu un vague nuage de fumée s’engouffrer dans la grande pharmacie. Un sourire s’étira sur son visage. Une seule personne se permettait de fumer dans un hôpital… Shinji. Mais que venait-il faire à cette heure-ci dans la réserve de médicaments ? Hisa’ se mordit la lèvre. Que faire ? Attendre que le psychiatre ait finit pour ensuite aller récolter incognito son précieux Placebo ? Ou se laisser aller à la tentation jouissive emplie de sadisme de le prendre en flagrant délit ? Pour sûr le jeune homme aurait de quoi taquiner son ami pendant quelques temps ! De plus il avait vu pendant sa course folle à travers le hall, le pharmacien prendre tranquillement son café … Au moins le jeune neurologue n’aurait pas à trouver un prétexte pour l’en éloigner. Son sourire s’élargit encore. Non il n’allait pas laisser filer cette chance ! ET puis il y avait cette voix dans sa tête qui criait au manque…


Hisahito s’approcha donc doucement de l’encadrement de la porte, accoudé sur le rebord il observait Shinji fouiller dans un rayon. Puis celui-ci fut hors de vue et le jeune homme finit par s’asseoir au bureau vide, bras derrière la tête et pieds croisés sur la table, l’air nonchalant. Lorsqu’il le vit ressortir, il remarqua que ses poches étaient pleines. Il émit un sifflement d’admiration et l’interpella.



-Eh bah Shin’ ? La sécu’ te rembourse plus ? C’est pour ça que tu viens faire tes courses dans la réserve ?


Hisa’ devant l’air déconfit de son ami éclata de rire. Il se leva du bureau, son sourire sadique jusqu’aux oreilles il se rapprocha du jeune homme.


-Je te savais radin mais à ce point…


Il lui fit une tape dans le dos, lui prit le registre des mains et le parcourut des yeux.


-T’as pris quoi ?


Il se pencha vers son ami d’un air moqueur.


-Oh… T’es venu voler des petites pilules bleues ?


Bien entendu le jeune homme savait que ce n’était pas le genre de choses que l’on trouvait dans la réserve pharmaceutique d’un hôpital. Mais il avait toujours cette envie irrésistible de le taquiner. Surtout sur ces choses là. Devant le regard qu’il lui lança il haussa les épaules et ajouta.


-J’oubliais que tu ne pratique ces choses là qu’en théorie…


Hisahito ricana encore puis il retourna vers la pharmacie. Il fallait occuper Shinji avec des mots pendant qu’il s’affairait à récupérer sa précieuse dose. Un tube suffirait. En prendre d’autre aurait éveillé les soupçons du jeune homme. Hisa’ n’aurait qu’a repasser remplir son stock à un autre moment.


-Tu sais je m’inquiète pour toi Bro’ ! Tu devrais peut être demander à Kurahashi de t’examiner…


Il releva la tête de derrière une étagère en souriant.


-Oh oui c’est vrai il ne s’occupe que des femmes… Et puis tu semble être un cas désespéré…


Il marqua un temps de pause sur ces dernières paroles. Ses doigts agiles trouvèrent en un instant les bons comprimés et il fit habilement glisser le cylindre dans sa manche puis sa poche. Il retouna près de Shinji et passa un bras autour de ses épaules l’air compréhensif.


-Tu devrais sortir un peu plus le nez de tes bouquins tu sais… Voir un peu la ville la nuit, sortir avec des nanas, boire un verre…


Maintenant le tout allait être d’ingérer le médicament en toute innocence. Ce n’était pas prudent en présence de quelqu’un, mais la voix dans la tête du jeune homme se faisait de plus en plus pressante. Il glissa son autre main dans sa poche et ouvrit la boite qui répandit son contenu. Hisa’ referma son étreinte sur deux comprimés et les glissa dans sa bouche. Il était temps. Il soupira de soulagement. Shinji se libéra et lui fit face l’air bougon. Le venin d’Hisahito avait fait son effet et il attendait avec impatience le retour de flamme que lui enverrait son vieil ami. Et maintenant que son cher Placebo avait satisfait son esprit, le jeune homme était prêt à lui rendre la pareille autant de fois que nécessaire.



Il avait lancé cette rixe matinale, la joute verbale s’annonçait divertissante !

_________________


I watch you burn in humid hell
And you let my sin stream
From the incandescent paradise.

Don't touch me !
Don't touch my heart !
Don't show that face !

I don't want to die...
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Shinji Wakamura
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MessageSujet: Re: xXx Insomnia xXx [Hisa']   Sam 3 Jan - 1:33

Shinji grinça des dents , mâchouillant le filtre de sa cigarette , le psychiatre posa un regard en coin sur son interlocuteur avant de signer définitivement le registre … Hisahito était bien matinal ! Trop même …
Rattrapé par ses vices peut-être ? A moins que son sommeil ne fut troublé par un quelconque cauchemar ? Si tel était le cas , peut-être Shinji se sentirait-il assez magnanime pour lui épargner sa mauvaise humeur . Le jeune homme ne savait que trop quelle souffrance pouvait engendrer de mauvais songes ; déterrait les vieux souvenirs était le passe-temps favori de ses neurones lorsque , porté par Morphée , Shin’ se laissait aller à l’inconscience …
Symptôme récurrent d’un traumatisme trop longtemps refoulé , si Shinji savait pertinemment que pallier sa peur de rêver par la caféine n’était d’aucune utilité , le fait d’être réduit à l’état de dépendance qu’observait sa mère quelques années auparavant à l’encontre des somnifères le rendait presque fou . La torture du paradoxe . La caféine n’était pour lui qu’un échappatoire physiologique à sa psychose subconsciente .

-Eh bah Shin’ ? La sécu’ te rembourse plus ? C’est pour ça que tu viens faire tes courses dans la réserve ? Persiffla l’intrus tout en jetant un œil goguenard à l’encontre de son homologue .

« Il semblerait qu’elle me rembourse mieux que toi vieux pingre … » assura le jeune homme tout en contournant le comptoir sur lequel Hisahito avait nonchalamment posé ses pieds . Décidément , Hisa’ était le reflet même de ses méthodes de travail . Laxiste , nonchalant, flegmatique .
Shinji afficha une mine déconfite , dépourvue de couleur et affreusement déformée par un rictus désappointé , provoquant par cette même mine l’amusement de son ami qui se fit un plaisir de quitter sa chaise le sourire jusqu’aux oreilles telle une braguette grande ouverte , pour s’approcher de sa victime …

-Je te savais radin mais à ce point…
Shin’ esquissa un léger sourire . Si lui était avare , dans ce cas , Hisahito devait être porteur d’un péché dont le nom était encore inconnu parmi la foule d’autres vices dont celui-ci était affublé !

Le neurologue s’empressa de continuer son enquête , administrant par la même occasion une claque dans le dos de son ami qui manqua de lui faire avalait son mégot .Shinji toussota , se frottant l’omoplate il se délesta de la main inopportune de son camarade .

-T’as pris quoi ?
Le jeune homme se pencha vers Shiji un sourire moqueur au coin des lèvres , prêt à cracher son venin un nouvelle fois .Hisa’ était si prévisible qu’il en devenait lassant , de toute façon Shin’ n’était pas d’humeur à faire durer les hostilités ce matin , un peu de calme lui ferait le plus grand bien , dommage que « sa petite fouine décolorée » soit venu lui rendre visite . Mais peut-être la compagnie était-elle préférable à la solitude après une nuit aussi catastrophique ? Dommage qu’Hisa’ ne puisse empêcher sa langue fourchue de remuer , Shin‘ l‘aurait agréablement supporté une fois muet .

-Oh… T’es venu voler des petites pilules bleues ?

Une plaisanterie digne de son humouriste . Pourquoi diable ce cher Hisa faisait-il une fixette sur … Shinji arrêta sa réflexion . Et si par hasard , le sexe avait quelque chose à voir avec d'éventuelles eaux troubles dans le passé du neurologue ? Shin’ dodelina légèrement de la tête . Non … Pas Hisa’ .
Pas Hisa’ ? Jetant un regard inquisiteur vers son interlocuteur le psychiatre accompagna ses doutes d’un timide sourire avant de reprendre son éternelle expression désespérée …
A n’en pas douter , il devait rester encore deux ou trois salaceries sur la vie sexuelle quasi-inexistante du psychiatre dans la hotte du neurologue . Dommage qu’il n’ai pas disposer d’un peu de retenue , Shinji en aurait bien profiter ! En attendant , il devait supporter de bonne heure , peut-être trop bonne heure d’ailleurs , les taquineries de son amical confrère .

-J’oubliais que tu ne pratique ces choses là qu’en théorie…

Cette dernière phrase ôta un soupire bruyant à son propriétaire , le pauvre Shinji n’aillant pu le retenir de peur de mourir d’asphyxie , mâchouillant nerveusement son mégot , le psychiatre contourna le comptoir pour s’y accouder convenablement , laissant derrière lui un fin nuage de nicotine .

-Tu sais je m’inquiète pour toi Bro’ ! Tu devrais peut être demander à Kurahashi de t’examiner…

Shinji tiqua . Son sourcil s’arqua imperceptiblement tandis que ses lèvres esquissèrent une grimace dégoutée .
« Tu mériterais que je te purge au savon toi … » grinça le psychiatre tout en tournant la tête à l’opposé de son interlocuteur d’un air boudeur .

-Oh oui c’est vrai il ne s’occupe que des femmes… Et puis tu semble être un cas désespéré…
Shin’ évacua d’un revers de la amin le voile de fumée qui masquait sa perspective . Hisa’ avait quitté le bureau pour les étagères . Cherchait-il le traitement de l’un de ses patients ? De l’aspirine ? Shinji avait remarqué non sans étonnement les cernes noires apparues sous les prunelles sombres de son camarade .


« Pas plus que toi en tout cas … Je prie tous les soirs pour que tu chopes des morpions mais mes sollicitations restent sans réponse … Mon Dieu comme vous êtes cruel avec vos brebis ! Il semblerait que plus personne ne puisse rien pour toi non plus mon pauvre Hisa’ ! »

Le jeune homme sortit du dédale de comprimés et autres gélules et rejoignit son compagnon toujours accoudé au comptoir, passant un bras compatissant autour des épaules de Shinji l’air totalement atterré …

-Tu devrais sortir un peu plus le nez de tes bouquins tu sais… Voir un peu la ville la nuit, sortir avec des nanas, boire un verre…

Shin’ soupira , se massant les tempes tout en arborant une moue excédée .
« Je commence à douter sérieusement de tes capacités Hisa’ . Depuis combien de temps n’as-tu pas ouvert un livre ? Tu devrais relever le nez des seins de tes stagiaires … et des miennes aussi par la même occasion. Comment veux-tu que je travaille ?! Prend la lumière du jour plutôt que celle des lampadaires ! Tu verras ça fait du bien aussi … »grogna le jeune homme dont les suggestions resteraient aussi inutiles à l’encontre de son ami que celles de celui-ci se révélaient l’être le concernant . La fatigue rendait le psychiatre quelque peu irritable bien que ces joutes orales lui ai été familières . De ce fait , Shin’ préféra se libérer de l’étreinte encombrante de son ami en lui adressant un énième rictus bougon .

« Qu’est-ce- qui t’amène aussi tôt toi ? En manque de steack ? »
Shinji retira miss nicotine de ses lèvres , expirant une tripotée de volutes grisâtres il désigna du menton la cible de ses railleries .
« Ou bien est-ce un mauvais rêve ? » demanda le psychiatre tout en tournant autour de son interlocuteur tel un vautour affamé car le manque de caféine commencait à se répandre lentement dans son chétif corps sous la forme d’un imperceptible frisson .
* Pitié , abandonne …*

« Ah , je comprends … Tu veux que maman te chante une berceuse ? »
Sur quel doux refrain Shinji allait-il déverser sa bile ? Si Hisa’ ricanait comme une hyène , il déchanterait vite lorsque Shin’ en aurait assez .Gare à l’insomniaque à jeun déconcerté par la grivoiserie de son « bébé » .

Bien qu’Hisahito fut le plus âgé des deux , Shinji avait bien souvent l’impression de le materner . Pauvre petite chose décolorée ?
Pas le moins du monde , disons plutôt qu’il se pensait plus stable que son confrère neurologue . Shinji n’avait jamais évoqué le passé en compagnie d’Hisa’ , seul présent et futur importer au sein de la Ligue et tout adhérent devait se soumettre à cette contrainte ! Aller de l‘avant c‘était mettre un pied dans la modernité et fouler le serment de ce bon vieil Hippocrate ! Cela dit , Shin’ s’avouait curieux vis-à-vis de son aîné . Quelle genre de vie avait-il mené pour être aussi je m’en-foutiste ?! Mais par respect , peut-être également parce qu’il le savait trop fier , Shin’ ne s’était jamais hasarder à questionner Hisa’ . Peut-être , après tout , était-il né ainsi ? Le jeune homme ne pouvait semble-t-il s’entendre qu’en compagnie d’illustre inconnus , certes prévisibles , mais inconnus tout de même . Le paradoxe du psychiatre ,sans doute .


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Hisahito Nobunaga
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MessageSujet: Re: xXx Insomnia xXx [Hisa']   Sam 21 Fév - 22:00

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Je l’ai provoqué mais j’exécre,
Cet instinct primal.
Je suis humain.




Les mots. Bien malheureux est l’être qui n’en est pourvut ou dont la parole est entravée. Mais un flot libéré par une volonté malsaine, un désir manipulateur ou profondément sadique, ne sont que vives piqures acides. Ajoutés à la suite, les mots forment des phrases et trouvent un sens plus destructeur qui les porte aux oreilles du martyr. Elles viennent s’accrocher à notre cœur, dévorant de leurs virgules et leurs points la moindre joie ou la moindre croyance ; excitant notre doute qui vient alors se répandre en nos nerfs, insupportable picotement pénétrant notre esprit et embrasant notre raison. L’incendie dépend alors de la salive corrosive du bourreau. Il pleut des mots assassins. Grandit un torrent de douleur en celui prit dans ces intempéries. Cyclone verbal ou bruine vicieuse, quelles qu’elles soient, les attaques finissent toujours par infiltrer la cible jusqu’au plus profond de son intériorité. A pour agonie, B pour brutalité, C pour colère… L’alphabet de la souffrance. L’homme exécre la douleur mais il a crée des formules pour la définir. D pour désespoir, E pour éventré… Bien loin du romantique lyrisme, de tous ces bons sentiments débordant, de cette volonté d’esthétisme dégoulinante, les mots sont la pire des armes. Et l’on s’engorge de ces eaux vénéneuses, attaqué par l’inconscience et l’innocence de celui qui prononce sans savoir ; ou de celui qui déverse en connaissance pour mieux faire croupir notre flux vital. Il parle et parle encore, le barrage attend de céder. La fierté impose l’indifférence ou la faiblesse le fait se tordre. Mais une même envie anime chaque parcelle de sa chair en émoi. F pour fuite… Mais la victime n’a pas de refuge, elle a beau se terrer, boucher ses oreilles endolories ou se recroqueviller dans la pénombre, la graine des premiers mots avait fait germer en elle l’arbre de l’affliction que les suivantes avaient fait bourgeonner. La voix résonne et se fait écho, le ton vibre dans les os, de sa douceur ou de sa violence. Il n’y a pas d’échappatoires, l’humain finissant de faire fleurir ce que son persécuteur avait planté.
A pour agonie, le barrage ploie sous le poids. On envie alors les sourds, leur monde bercé par le silence, on répugne le son aliénant.

Les modulations perfides résonnent dans l’air, elles ricochent sur les murs immaculés de l’hôpital, viennent chasser la paix des couloirs encore endormis. Deux hommes aux langues fourchues, maniant les mots avec une aisance déconcertante s’affronte en ce lieu où l’on soignait le mal. S’écorchant avec férocité, visant le point faible de l’autre avec un humour qui dissimulait la cruauté de deux êtres. Humains. Puis le sérieux de l’un vient interpeler l’autre, allant certainement projeter la valse injurieuse vers un nouveau rythme.



« Je commence à douter sérieusement de tes capacités Hisa. Depuis combien de temps n’as-tu pas ouvert un livre ? Tu devrais relever le nez des seins de tes stagiaires … et des miennes aussi par la même occasion. Comment veux-tu que je travaille ?! Prend la lumière du jour plutôt que celle des lampadaires ! Tu verras ça fait du bien aussi … »



Un sourire satisfait s’étira sur les lèvres fines du jeune neurologue.


Les mots sont la pire des armes mais aussi la meilleure défense.



- Allons allons Shin, nous savons tous deux qu’il est impossible de remettre en doute mes capacités. Là où toi tu à besoin d’ouvrir un livre et de l’étudier pendant des heures moi j’ai déjà agit.



Il émit un soupir désolé et haussa les épaules, continuant de cracher son fiel incendiaire.



-Quand à mes stagiaires elles me sont parfaitement inutiles dans mon travail, tu sais bien que je me suffis à moi-même. Alors il faut bien que je les exerce pour quelque chose… Quand à la tienne, tu devrais la virer, elle porte des soutiens-gorges rembourrés.



Comme le meurtrier sourit à sa victime, le visage d’Hisahito exprimait la joie salace d’une envie sarcastique assouvie. Face à Shinji, le jeune homme ressentait l’extase que toute vipère avide de répondant recevait face à une proie difficile.



- Et toi tu devrais sortir et respirer l’air frais de Tokyo au lieu de celui aseptisé de l’hôpital. Et à voir ta tête, le vent matinal te ferait le plus grand bien.




Il s’appuya contre le mur, toisant le brun avec un rictus inébranlable. Celui-ci eut tôt fait de riposter aux attaques du blond.



« Qu’est-ce- qui t’amène aussi tôt toi ? En manque de steak ? »



- Je suis médecin, mon devoir est de me lever tôt pour qu’il y ait d’autres lendemains pour mes patients.



Il avait dit cela avec une ironie palpable, les yeux toujours fixés son ami psychiatre.



-Et puis tu connais mon appétit insatiable pour les «steaks».



Hisahito plongea à nouveau sa main dans sa poche, rencontrant le contact rassurant des pilules de Placebo entre ses doigts. Cette rixe commençait à s’éventer, de même que l’amusement du jeune homme. Il était lassant de contrer avec brio les tentatives de Shin’.



« Ou bien est-ce un mauvais rêve ? »



Le temps s’arrêta, de même que le cœur du neurologue qui venait de délivrer son dernier battement. Ses prunelles s’assombrirent et l’air jovial bien que moqueur de ses traits s’estompa pour laisser place à une froideur si étrange venant de lui. Les pupilles comme dilatées, Hisahito n’observe plus, il transperce. Il avait raillé son collègue sur sa perspicacité et voila qu’il venait de ce faire piégé par cette faculté.



« Ah, je comprends … Tu veux que maman te chante une berceuse ? »



Les intempéries de mots continuent et le barrage…
Cède.




A pour agonie, B pour brutalité, C pour…colère.




Le sang du jeune homme bouillonne et vient redonner un peu de couleur à sa peau délavée. Des paroles qui se voulaient venimeuses mais dont le poison n’avait pas d’intention mortelles, venait sans le savoir de briser le calme et l’esprit d’Hisa. C’était stupide de réagir de la sorte, ce genre de comportement n’ayant sa place que dans la tête d’un enfant blasé dont les camarades insultent la personne qui lui est chère. Mais ce n’était peut être pas l’allusion à sa mère qui avait sortit Hisa’ de ses gonds, après tout il ne ressentait que du vide concernant ces deux êtres qui étaient ses parents. Non, il avait probablement sentit que les mots du psychiatre étaient tout sauf d’innocents pics amicaux…



D pour…dégénéré ?




Hisahito empoigna Shinji par le col et le plaqua contre le mur avec violence. L’éternel mégot du psychiatre tomba à terre, répandant ses cendres sans bruit, le silence ayant reprit ses droits sur le couloir suite à l’action du neurologue. Celui-ci, les yeux rivés dans ceux de son confrère, les mains fermement agrippées à sa chemise le maintint quelques instant ainsi, exerçant une violente pression près de sa gorge, son regard froid et insensible comme figé sur son visage.



-Et si on arrêtait de jouer. Shinji.



Il le relâcha mais continua de dominer de son charisme glacial. Sa réaction devait certainement être la dernière à laquelle le jeune homme aurait pensé. Ou peut être que Shin n’attendait que ça…

Les mots sont la pire des armes. Mais lorsque l’homme, au temps d’afflictions se voit poussé dans ses retranchements, il choisit toujours la force. Après tout, une langue ne peut plus radoter son chant venimeux si elle se voit coupée…



Tes mots s’infiltrent en mon esprit comme le pire des poisons.
Et mon corps n’a d’autre choix que de riposter par les actes.



-

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MessageSujet: Re: xXx Insomnia xXx [Hisa']   Mar 24 Fév - 20:12

Foudre et tonnerre !
A chaque éclair
Le monde guérit .



Les mots . Heureuse l‘âme dont l’ouïe défectueuse prémunie son propriétaire de phonèmes assassins.
Seuls les poings heurtent les sourds .


Comme une pierre jetée dans un bassin , les mots ricochent sur les murs aseptisés de la pharmacie , troublent le silence des lieux comme l’onde propage à la surface des eaux son écho circulaire, emportant avec elle quelques débris vaseux et éclaboussant le rivage pour souiller ses roseaux .


Inoculant ses paroles corrosives sans répit , Hisa’ lentement s’enlisait .


- Je suis médecin, mon devoir est de me lever tôt pour qu’il y ait d’autres lendemains pour mes patients.


Un léger sourire masqué sous d’épaisses volutes de fumée étira les lèvres du psychiatre . Combien de stagiaires valaient les vies qu’Hisahito démembrait incurablement dans leurs intérêt ? Combien de grasses matinées pouvait coûter un Homme aux yeux du neurologue ?


-Et puis tu connais mon appétit insatiable pour les «steaks».


Le sourire du psychiatre s’élargit , Hisa’ tentait-il de calmer le jeu ?


« Mieux que le mien si tu veux savoir … »


Shinji balaya le nuage opaque encombrant son champ de vision d’un léger coup de tête .
Que pouvait bien cacher cette main baladeuse dans la poche de son confrère. Le psychiatre arqua un sourcil , ses pupilles se détachant de l’appendice suspect pour croiser le regard goguenard de son interlocuteur .


« Ou bien est-ce un mauvais rêve ? »


Le clown disparu .

La mine assombrie , les prunelles d’Hisa’ affichèrent une humeur peu diplomate sous leurs reflets nébuleux .
Shinji renchérit . Jusqu’ou pouvait-il pousser la plaisanterie ? Jusqu’ou pouvait-il asseoir cette mince victoire ?


« Ah, je comprends … Tu veux que maman te chante une berceuse ? »


Les cercles dans l’onde s’élargissent , se multiplient, puis s’évanouissent .


Elle s’ouvre
Et crache un arc-en-ciel
La pivoine .



Shin’ fixa son geôlier froidement , rendant à son compagnon trait pour trait l’expression rageuse de son visage cramoisi . Le teint fardé par une sourde colère , le neurologue revint à la vie . Dépossédé de sa pâleur maladive , un vibrant frisson parcourait son corps de la pointe de ses cheveux décolorés aux bouts de ses doigts effilés . Ses yeux aveugles animés d’une lueur terne transperçaient sauvagement l’objet de leur haine toujours inerte sous ses poings .




L’homme déverse sa bile comme la vipère mord . La nature de leur langue fourchue est identique , leur intention … Tout aussi nocive .D’acides palabres guindés de lettres aux formes subtiles et charmantes s’échappent constamment de leurs lèvres gercées par les injures . Ils se jettent au visage des jarres d’humeurs toutes plus infectes les une que les autres , heurtant leurs orgueils déplacés et fendant leurs coques coulées dans le béton .Les syllabes ne cueillent que les fugueurs diplomates .




-Et si on arrêtait de jouer. Shinji.


Croquant dans la pomme , il désiraient la connaissance , il acquirent la médisance et son maniement .


Shin’ pencha la tête , adressant un œil torve au martyr agonisant de leur rixe matinale qui gisait sur le sol , expirant ses dernières volutes nicotinées .

Puisqu’il le faut
Entraînons-nous à mourir
À l’ombre des fleurs .



« Qu’est-ce qui te turlupines mon bébé ? Tu boudes parce que maman a découvert ton secret ? »


Les mots peuvent tout atteindre , les mots peuvent tout effleurer , les mots peuvent tout détruire .


Existe-t-il une formule pour curer les maux impénétrables ?
Sésame , ouvre toi !


Les lèvres du psychiatre décrivirent une faible courbe avant de reprendre leur ligne polie et affable, sa main droite rejoignit celle importune de son compère dont les phalanges blanchies molestaient brutalement l’apparat de sa victime plaquée au mur, inerte .


« Je te pensais plus civique Hisa’ …Quelque chose me dit que tu regrettes notre entrevue , je me trompe ? »



Le jeune homme adressa un regard compatissant ampli d’une vile hypocrisie à son bourreau, fronçant les sourcils, tête penchée et la bouche en cœur , lentement ses doigts se resserrèrent sur l’étau qui l’étouffait .


« Le noir te vas merveilleusement au teint , tu m’as l'air encore plus cadavérique que de coutume avec tes cernes… »


Comme un enfant capricieux auquel on ôte son jouet , contrarié par son « tuteur » Hisa’ épanchait sa soif de fierté sur Shinji meurtrissant son bienfaiteur par dépit , honteux de sa vulnérabilité face à l’acidité de son confrère . Les mots sont des outils bien tranchants pour les gosses capricieux et versatiles …Gare aux coupures !


« Soignons le mal par le mal … Les insomnies passagères ne nécessitent aucune pilules magiques Hisa’. »


Shin’ avait malheureusement viser juste en tirant les yeux bandés .
L’insomnie était-elle réellement la cause de cet accrochage matinal ?
Le psychiatre soupçonnait un tout autre motif que la perte de sommeil concernant cette visite de la pharmacie .


« Tu préfères peut-être que je jettes un œil dans tes poches afin d‘éclairer ma lanterne ? »



Ils me transpercent encore
Le yeux que le serpent
A laissés dans l’herbe !


Le neurologue relâcha son étreinte .


Les morsures de phalanges courroucées s’estompent et disparaissent toujours avec le temps .
Les paroles s’envolent … restent les mots .



Shinji épousseta d’un geste nonchalant le col de sa chemise , ses pupilles aiguisées saillant sur sa mine apaisée . Seul le venin avait une prise sur Hisahito.


« Dit moi … Qui t'empêches de fermer l'oeil? »


Tuant une mouche
J’ai blessé
Une fleur .


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